Le Québec élargit l’accès aux soins gratuits en pharmacie
Le gouvernement du Québec souhaite améliorer l’accès aux soins de première ligne en permettant à un plus grand nombre de citoyennes et de citoyens de recevoir des services de santé directement en pharmacie, gratuitement, sur présentation de leur carte d’assurance maladie.

Le gouvernement du Québec a rendu public un projet de règlement modifiant le Règlement d’application de la Loi sur l’assurance maladie ainsi que le Règlement sur le régime général d’assurance médicaments. Cette initiative vise à permettre aux Québécoises et aux Québécois d’obtenir davantage de services de santé directement en pharmacie, sans frais, en misant sur l’expertise des pharmaciennes et des pharmaciens. L’objectif est clair : offrir des soins plus accessibles, plus rapides et mieux adaptés aux besoins de la population, tout en réduisant la pression sur les cliniques médicales et les urgences.
Des services pharmaceutiques appelés à croître rapidement
Si le règlement est adopté à l’issue de la période de consultation, environ 360 000 services pharmaceutiques additionnels pourraient être offerts dès la première année complète d’application. À plus long terme, l’impact serait encore plus important, puisque ce nombre pourrait atteindre près de 1,1 million de services par année après cinq ans. Cette progression graduelle reflète l’intégration progressive de ces nouvelles activités dans les habitudes de soins de la population.
De nouvelles responsabilités pour les pharmaciennes et pharmaciens
La réforme permettra aux pharmaciennes et pharmaciens d’élargir leur champ d’intervention pour plusieurs situations de santé courantes, facilitant ainsi l’accès à des traitements sans devoir consulter un médecin. Ces nouvelles activités incluront notamment :
- la prescription de médicaments pour certains problèmes de santé fréquents comme les infections urinaires, la dysfonction érectile, certaines maladies de la peau ou la prophylaxie préexposition pour la prévention du VIH;
- la prolongation d’ordonnances sans restriction de délai, contrairement aux règles actuellement en vigueur;
- l’administration de certains médicaments;
- la réalisation de prélèvements suivie de la prescription d’un traitement lorsque le résultat est positif, par exemple pour une infection à streptocoque A;
- l’évaluation de problèmes de santé courants et la prescription des traitements appropriés directement en pharmacie.
Un gain concret pour les patientes et les patients
Grâce à ces changements, des centaines de milliers de personnes pourront obtenir des soins plus rapidement, dans leur milieu, sans avoir à attendre un rendez-vous médical ou à se rendre à l’urgence pour des enjeux de santé mineurs. À terme, plus d’un million de consultations pourraient ainsi être prises en charge en pharmacie chaque année, contribuant à améliorer l’efficacité globale du système de santé.
Une réforme encadrée et progressive
Le projet de règlement est actuellement prépublié dans la Gazette officielle du Québec pour une période de consultation de 20 jours. Les changements proposés n’entreront donc pas en vigueur immédiatement. Cette réforme découle de l’adoption, en novembre 2024, de la Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du système professionnel, laquelle vise à élargir certaines pratiques professionnelles en santé et en services sociaux. Le règlement à venir remplacera les règles actuelles encadrant l’amorce et la modification d’une thérapie médicamenteuse par les pharmaciens.
Un modèle distinctif au Québec
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, souligne que le Québec figure parmi les rares juridictions offrant une couverture universelle gratuite pour un aussi large éventail de services pharmaceutiques. Cette approche permet de renforcer les soins de première ligne tout en valorisant le rôle central des pharmaciennes et des pharmaciens dans le parcours de soins des citoyennes et des citoyens.
SOURCE Cabinet du ministre de la Santé
Publication Index Santé : 2025-12-17










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