Une étude révèle l’ampleur de la publicité destinée aux enfants sur les emballages alimentaires au Canada
Une nouvelle étude menée au Canada démontre que les emballages alimentaires ciblant les enfants utilisent massivement des personnages populaires pour promouvoir des aliments surtout ultratransformés et à faible valeur nutritive.
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Une présence massive de personnages attrayants pour les enfants
Dans les allées de nombreuses épiceries au pays, des personnages familiers comme des superhéros, des figures de dessins animés ou des héros de films pour enfants occupent une place importante sur les emballages alimentaires. Ces visuels colorés et accrocheurs attirent immédiatement l’attention des plus jeunes. Selon une étude récente réalisée par la professeure Charlene Elliott de l’Université de Calgary, cette stratégie n’est pas utilisée au hasard. Au contraire, elle constitue une tactique de marketing largement déployée pour mettre de l’avant des aliments dont la valeur nutritionnelle est souvent faible. Lors de visites dans 16 magasins, l’équipe de recherche a recensé 2 737 produits ciblant les enfants qui utilisaient des personnages de dessins animés sur leur emballage, un chiffre révélateur de l’étendue du phénomène.
Des choix alimentaires dominés par les produits ultratransformés
L’analyse des produits observés dans l’étude démontre que la majorité de ces emballages attrayants sont apposés sur des aliments riches en sucre, en sodium ou en gras saturés. Parmi les catégories les plus fréquemment représentées, on retrouve les bonbons, le chocolat, les céréales sucrées, les biscuits et les collations aux fruits. Ces produits appartiennent majoritairement à la catégorie des aliments ultratransformés. À l’inverse, les fruits et légumes frais sont presque totalement absents de cette stratégie visuelle, représentant à peine 1 % des aliments ciblant les enfants. Cette surreprésentation de produits peu nutritifs contribue à influencer la perception et les préférences alimentaires dès le plus jeune âge.
Des critères nutritionnels largement dépassés
En 2023, Santé Canada a proposé de nouveaux critères nutritionnels afin d’encadrer la publicité destinée aux enfants. Ces repères doivent servir de base pour limiter la promotion d’aliments dont la valeur nutritive est insuffisante. En appliquant ces critères aux produits observés, la professeure Elliott a constaté que plus de 92 % des aliments présentant un personnage attrayant pour les enfants dépassaient les seuils recommandés en sucre, en sel ou en gras saturés. Cette donnée met en évidence un écart préoccupant entre les recommandations de santé publique et la réalité des pratiques commerciales actuelles sur le marché alimentaire canadien.
Une exposition répétée qui façonne les comportements
L’étude révèle également que, lors d’une seule visite en magasin, un enfant peut être exposé à jusqu’à 54 produits mettant en scène des personnages médiatiques bien connus. Ces images répétées contribuent à ancrer des préférences alimentaires et à influencer les demandes adressées aux parents. Selon la chercheuse, les dessins animés sont un outil particulièrement efficace pour susciter l’envie et encourager les jeunes à réclamer certains produits. Cette pression exercée sur les familles a des conséquences directes sur les habitudes alimentaires à long terme, augmentant le risque de problèmes de santé associés à une consommation excessive d’aliments hautement transformés.
Un appel à des mesures réglementaires plus strictes
Face à ces constats, Cœur + AVC souligne l’urgence d’adopter des mesures concrètes pour mieux protéger les enfants des stratégies de marketing agressives utilisées par l’industrie alimentaire. L’organisme rappelle que des propositions de règlement visant à restreindre la publicité d’aliments et de boissons à faible valeur nutritive destinée aux enfants ont déjà été mises de l’avant, mais que leur mise en œuvre demeure suspendue. Selon ses représentants, l’influence de l’industrie contribue à ralentir l’adoption de règles plus strictes, alors que les preuves scientifiques démontrent clairement l’impact négatif de ces pratiques sur la santé des jeunes.
La nécessité d’instaurer un mécanisme de surveillance continue des emballages alimentaires ciblant les enfants est également mise en avant. Une telle démarche permettrait de mieux encadrer les pratiques commerciales et d’appuyer la mise en place de politiques publiques fondées sur des données probantes, afin de favoriser un environnement alimentaire plus sain pour les générations futures.
Cette étude rappelle que la protection des enfants ne peut passer uniquement par l’éducation individuelle, mais exige aussi des changements structurels visant à réduire l’exposition à une publicité influençant leurs choix alimentaires. La santé publique, les familles et les décideurs sont ainsi appelés à agir de concert pour limiter l’emprise de ces techniques de marketing sur les plus jeunes.
Source : Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, Cœur + AVC
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Publication Index Santé : 2025-11-25










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