CAP santé mentale réclame trois engagements pour améliorer les services au Québec
À l'approche de la campagne électorale québécoise, CAP santé mentale demande aux partis politiques de faire de la santé mentale une priorité. L'organisme, qui représente 55 associations de familles et de proches, propose trois engagements pour améliorer l'accès aux services et mieux soutenir les familles.

CAP santé mentale interpelle les partis politiques québécois à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale. L'organisme estime que le Québec traverse une situation particulièrement préoccupante en matière de santé mentale et réclame des engagements concrets de la part du prochain gouvernement.
Le regroupement représente 55 associations présentes dans les différentes régions du Québec et consacrées au soutien des familles et des proches de personnes vivant avec un problème de santé mentale.
Selon CAP santé mentale, les difficultés d'accès aux services et le sous-financement des ressources dans la communauté contribuent aux problèmes vécus par les personnes touchées et leur entourage. L'organisme souligne également les conséquences sociales et économiques associées aux troubles mentaux.
Une personne sur cinq touchée chaque année
CAP santé mentale rappelle qu'une personne sur cinq vit avec un trouble mental chaque année et qu'une proportion similaire est observée chez les jeunes.
L'organisme souligne également le lien entre les troubles mentaux et le suicide. Selon les données présentées, 80 % des quelque 1 000 personnes qui décèdent par suicide chaque année au Québec présentaient un trouble mental.
Pour les familles et les proches, les conséquences peuvent être importantes. CAP santé mentale évoque notamment des situations de détresse, d'insécurité et parfois de violence intrafamiliale associées à la maladie mentale.
Devant ces constats, le regroupement souhaite que le prochain gouvernement intervienne rapidement et propose trois engagements prioritaires.
Nommer un ministre responsable de la santé mentale
La première proposition consiste à faire de la santé mentale une priorité nationale en nommant un ministre spécifiquement responsable de ce dossier.
Pour CAP santé mentale, cette nomination permettrait d'assurer un leadership gouvernemental plus clair et de mieux coordonner les interventions des différents secteurs concernés.
L'organisme estime qu'une telle responsabilité ministérielle faciliterait la mise en place d'actions intersectorielles destinées autant aux personnes vivant avec un trouble mental qu'aux proches qui les accompagnent.
Renforcer les services de première ligne
Le deuxième engagement proposé consiste à déployer une initiative appelée « Première ligne Santé mentale » afin d'améliorer l'accès aux services dans les CLSC et les organismes communautaires.
CAP santé mentale souhaite notamment que les personnes puissent obtenir du soutien plus rapidement, avant que leur situation se détériore et nécessite des interventions plus importantes.
Cette amélioration de l'accès devrait notamment passer par les CLSC, les services Aire ouverte destinés aux jeunes, les organismes communautaires ainsi que les équipes spécialisées intervenant directement dans la communauté.
L'objectif serait de diminuer le recours aux services policiers, aux urgences, aux hospitalisations et au système judiciaire en intervenant plus tôt auprès des personnes qui éprouvent des difficultés.
100 intervenants de crise pour soutenir les familles
La troisième proposition vise la création de 100 postes d'intervenants de crise famille répartis dans les différentes régions du Québec.
CAP santé mentale s'appuie notamment sur un projet pilote réalisé en Montérégie par Carrefour en santé mentale pour les familles et l'entourage. Selon l'organisme, ce projet aurait permis de réduire de plus de 90 % les requêtes de garde effectuées par les familles auprès de la Cour du Québec.
Le déploiement d'intervenants spécialisés dans les situations de crise pourrait ainsi contribuer à mieux accompagner les proches et à réduire la judiciarisation de certaines situations liées à la santé mentale.
CAP santé mentale estime qu'un plus grand nombre de ces intervenants permettrait également de prévenir certaines crises et de réduire le phénomène des personnes qui doivent recourir à répétition aux services d'urgence.
Des actions réclamées dès les 100 premiers jours
Le regroupement souhaite que des mesures supplémentaires soient mises en place rapidement après les élections.
« Des gestes significatifs doivent être posés pour améliorer l'accès aux services de première ligne dans le réseau de la santé et les organismes communautaires », affirme René Cloutier, directeur général de CAP santé mentale.
L'organisme demande notamment que les familles et les proches soient davantage considérés dans les décisions entourant l'organisation des services. CAP santé mentale participe déjà à certaines initiatives gouvernementales, dont la mise en œuvre du Plan d'action interministériel en santé mentale et le projet Aider sans filtre, consacré au soutien des jeunes proches aidants.
Plus de 30 000 proches soutenus chaque année
Actif depuis 1985, CAP santé mentale regroupe aujourd'hui 55 associations québécoises offrant gratuitement différents services aux proches de personnes ayant un problème de santé mentale.
Ces organismes proposent notamment du soutien psychosocial, de l'information, de l'entraide, de l'accompagnement, des formations et des services de répit.
Selon CAP santé mentale, ses associations membres accompagnent plus de 30 000 proches chaque année dans l'ensemble du Québec.
À l'approche des élections provinciales, le regroupement souhaite maintenant que les besoins des familles et des personnes touchées par les troubles mentaux occupent une place plus importante dans les engagements des différentes formations politiques.
Source : CAP santé mentale
Publication Index Santé : 2026-08-24















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